L’IICSA rend un rapport alarmant

Selon le rapport de l’ Independent Inquiry into Child Sexual Abuse (IICSA) publié le 30 mai 20191, les enfants abusés et maltraités au sein d’institutions religieuses se sentiraient davantage honteux et coupables que ceux abusés dans d’autres cadres. Cette honte aurait fait obstacle à la dénonciation des abus qu’ils ont subis.


Basé sur les témoignages de 180 victimes, il a été publié quelques jours après la révélation d’une importante affaire d’abus sexuels au sein de Jesus Army, une église évangélique radicale basée à Northampton. Plus de 200 plaintes pour différents types de faits ont été déposées à la police.

Les témoins entendus par l’IICSA2, pour des violences subies depuis les années 1940 jusqu’aux années 2000, concernaient l’Église d’Angleterre, l’Église catholique, les Témoins de Jéhovah, les mormons, l’Armée du Salut, des groupes bouddhistes et musulmans…

Plus de la moitié d’entre eux n’ont pas révélé les abus subis en raison d’un sentiment de honte ou de culpabilité. Les victimes ont décrit des institutions à dominante masculine, fermées, ayant une forte influence sur les fidèles. La crainte d’avouer les abus découlent du culte du secret en vigueur dans ces groupes et de la présomption de moralité liée à leur rapport au sacré.

Le rapport relève que les agresseurs, qui ont pour la plupart joué un rôle officiel dans leur communauté, ont utilisé la spiritualité et la religiosité des enfants pour les manipuler.

Près de la moitié des témoins savaient que d’autres personnes avaient été maltraitées et que d’autres membres de leur communauté étaient informés « du comportement de leur agresseur, mais ne faisaient rien ».

(Source : The Guardian, 30.05.2019)

1. Consulter le rapport : https://www.iicsa.org.uk/key-documents/11687/view/truth-project-thematic-report%3A-child-sexual-abuse-context-religious-institutions-full-report.pdf

2. Cette enquête a indépendante a été mise en place parallèlement à celle de la Charity Charity Commission en 2014 : https://www.unadfi.org/groupes-et-mouvances/la-charity-commission-a-rendu-son-rapport/