Médecin et leader d’un mouvement sectaire

Un médecin urgentiste du CHU de Caen (Calvados) est convoqué le 2 octobre 2018 devant le tribunal correctionnel de Caen. Il est poursuivi pour abus frauduleux de l’état d’ignorance ou de faiblesse de personnes en les maintenant sous emprise et sujétion psychologique au sein de Notre-Dame Mère de la Lumière, une association composée de jeunes chrétiens catholiques dont il est le président.

Le leader du groupe fut membre du Renouveau Charismatique. Il avait fondé, en 2008, une association d’étudiants chrétiens qui organisait veillées, louanges, maraudes et messes. Exclue de l’université par l’aumônerie et l’association se réunit dans une église de Caen et devient, en 2011, Notre-Dame Mère de la Lumière ; elle est essentiellement composée d’anciens étudiants de l’aumônerie.

En 2016, ayant reçu des témoignages, l’ADFI Normandie alerte la police et deux plaintes d’anciens membres sont déposées, dénonçant des faits d’emprise mentale et sujétion psychologique. Parallèlement à l’investigation de la police, l’évêque de Bayeux ouvre une enquête canonique et, en 2017, retire sa caution et sa lettre de mission à l’association. En juin 2018, le président de l’association est placé en garde à vue.

Entre septembre 2011 à juin 2018, le dirigeant de l’association aurait coupé les membres de la communauté de leurs proches. Certains adeptes versaient la moitié de leur salaire pour financer la location de deux maisons ou vivaient des membres du groupe (femmes et hommes vivant séparés).

Le suspect nie les faits qui lui sont reprochés. Pour sa défense, son avocat invoque le manque de factuel dans le dossier et affirme que son client n’est pas un gourou et que les fidèles sont des gens diplômés qui ont fait un choix de vie et sont entrés consciemment dans le groupe.

Le substitut du procureur de la république a souhaité rappeler que ce n’est pas parce que l’on est diplômé que l’on n’est pas vulnérable. Puis il s’est inquiété de la capacité de l’homme à mettre les personnes sous son emprise dans un mouvement non reconnu par l’église.

Le dirigeant est placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit d’entrer en contact avec ses anciens fidèles. Les deux maisons louées par la communauté restent sous scellés. Cependant il a réussi à obtenir un allègement de ce contrôle ce qui lui permet notamment de pouvoir sortir de Basse Normandie.

(Sources : France Bleu, 24.07.2018, Paris Normandie, 26.07.2018, Actu.fr, 05.08.2018, Ouest France 24.07.2018)