Etiopathie, une énième pratique non conventionnelle à visée thérapeutique

Alors que les étiopathes prétendent soigner pléthore de maladies, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) vient de publier un rapport rappelant qu’aucune étude à ce jour n’a prouvé l’efficacité de cette pratique franco-française.

Selon la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), les allégations avancées, sans fondement scientifique, sont de « nature à tromper à la fois les étudiants et les usagers ». L’Inserm remarque d’autre part que les écoles1 d’étiopathie « se mettent ostensiblement à l’écart d’une démarche de recherche évaluative ».

Dans le cadre de leur pratique, les étiopathes peuvent avoir recours à des touchers vaginaux et/ou rectaux, actes encadrés par la loi et réservés exclusivement aux professionnels de santé. Or ce métier n’est pas reconnu comme tel ; l’usage du titre n’est soumis à aucune condition ni aucun contrôle.

L’étiopathie, inventée dans les années 1960 par Christian Trédaniel, s’inspire des pratiques des « rebouteux ». En 2017, on comptait 531 praticiens. L’Inserm appelle à la vigilance, rappelant que les bénéfices de la pratique sont incertains mais que les effets secondaires et les risques sont eux bien réels.

(Source : Le Figaro Santé, 28.09.2018)

1. Ces écoles délivrent une formation de six années au prix total de 30.000 euros.