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Haïti, un an après...

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Haïti, une terre de mission

Depuis le tremblement de terre, les fidèles baptistes, pentecôtistes, adventistes ou méthodistes devancent en nombre les fidèles catholiques, dans une proportion de 40-60.

Le séisme a amplifié l’offensive évangélique et en ces temps « propices aux prêches millénaristes » le prosélytisme des missionnaires américains a trouvé dans les camps de sinistrés un « terreau fertile ».

Souples, légères, les confessions évangéliques s’implantent aisément dans le tissu urbain, bidonvilles compris. Autre élément à prendre en compte : « l’extraordinaire fluidité de la pratique religieuse ». Ainsi on peut être baptiste aujourd’hui, catholique demain ou bien encore fréquenter la même semaine la cathédrale et le temple vaudou.

Source : L’express.fr, Vincent Hugueux, 27.12.2010

Prophètes de malheur

Il y a un an lorsque le séisme a dévasté Port au Prince et les villes du Sud haïtien, « les évangéliques ont immédiatement pris la rue ».

Chercheur au CNRS, l’un des meilleurs spécialistes du religieux en Haïti, Laënnec Hurbon, n’a pas été surpris « de ce repli massif vers Dieu ». Très vite aussi « l’idée de punition divine s’est imposée » encouragée par le pasteur américain Pat Robertson qui a « pointé le vaudou [1] comme le péché originel du peuple haïtien ».

La religion catholique, « marquée par l’héritage colonial » s’est lancée au moins à deux reprises dans de grandes campagnes anti-superstitieuses contre le vaudou. Quant au protestantisme à l’américaine, apparu dès 1915, il est morcelé mais puissant. La plupart du temps, ses fidèles réclament « la tête du vaudou ».

Ainsi Chavannes Jeune, pasteur baptiste et candidat à l’élection présidentielle de 2006, a été de ceux qui ont désigné le vaudou comme étant « l’origine du mal haïtien ».

La tension a été accrue par l’épidémie de choléra qui a poussé début décembre 2010 des protestants du département de Grand’Anse « à la chasse aux prêtres vaudous ». Quarante cinq d’entre eux ont été tués, accusés étaient-ils d’avoir concocté « des poudres pour empoisonner la population ».

Source : Le Monde Magazine, Paolo Woods, 08.01.2011

Pour plus d’informations sur la pénétration des sectes en Haïti à l’occasion du séisme, voir aussi sur ce site « Main basse sur Haïti » et « Sectes et humanitaire : à l’assaut de la détresse »


[1] En 1987, la Constitution haïtienne a reconnu le vaudou comme religion nationale. Ce dernier serait pratiqué par environ la moitié des 10 millions d’Haïtiens. Il imprègne profondément la société et la culture haïtienne.


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