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Le procès

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a entamé le procès de la secte OKC (Ogyen Kunzang Chöling) le 4 janvier 2016. Robert Spatz, le fondateur de cette communauté d’inspiration bouddhiste, qui se fait appeler Lama Kunzang Dorjé, est le principal inculpé. Lui et dix autres personnes physiques et morales comparaissent pour escroquerie, extorsions, fraudes, faux et usage de faux, séquestrations, tortures corporelles, viols et abus sexuels sur mineures. L’enquête, débutée en 1997, a mis des années pour mettre à jour cette organisation tentaculaire ancrée en Espagne, en France et en Belgique. Elle a révélé que Robert Spatz exerçait une emprise sur ses victimes et abusait de son autorité.


Le procès a commencé par l’audition des témoins de la défense. Les parties civiles, une dizaine de trentenaires enfants des premiers adeptes, font face aux prévenus qui ont l’âge de leurs parents. Ils auraient souhaité affronter Robert Spatz, absent du tribunal pour raisons de santé.1
 

Les récents témoignages de jeunes adultes nés dans la secte ont incité d’anciens adeptes à se joindre aux parties civiles. Ces victimes se sont organisées pour être entendues notamment sur les non-lieux prononcés en France entre 1999 et 2001. Trois d’entre elles dénoncent de nouveaux faits d’abus sexuels commis alors qu’elles étaient mineures. Ces nouvelles plaintes s’ajoutent aux six déjà enregistrées à l’ouverture de l’enquête. Le tribunal devra juger leur contenu et leur recevabilité.
 

Robert Spatz aurait abusé des adolescentes lors de séance de soins énergétiques. La question des pratiques sexuelles bouddhistes a également été évoquée. La bénédiction des chakras avec un dorje (instrument sacré) est selon le président de l’Union bouddhique belge, normalement dépourvue de connotation sexuelle. Ce dernier a par ailleurs précisé qu’OKC n’avait jamais demandé l’adhésion à l’Union.
Même s’il est parvenu à inviter de grands dignitaires bouddhistes dans ses locaux de France et de Belgique, Robert Spatz n’est pas officiellement « lama ». Pour Me Dimitri de Beco, il s’agit d’un cas typique de secte : « on a une personnalité forte qui a fourni des règles de vie (…) et a usé de son influence pour obtenir [des adeptes] du travail non rémunéré et abuser de plusieurs filles ».

 

Le procès doit durer trois semaines. Il apparaît déjà que le dépassement du délai raisonnable sera retenu. Mais pour les victimes qui attendent depuis 18 ans pour des faits aussi graves, est-ce bien raisonnable ?


L’affaire


En 1995, une jeune femme membre de la communauté OKC déclare avoir été victime d’attouchements de la part du « lama ». Un ancien membre se souvient que personne ne la croyait. L’idée était inconcevable, « c’était comme si un catholique allait dire que le pape l’avait violée ! » 

Le 30 mai 1997, une impressionnante opération franco-belge est mise sur pieds. 200 gendarmes procèdent à 17 perquisitions en région bruxelloise, tandis que leurs homologues français investissent les locaux de Castellane en Provence. Le dossier français aboutira à un non lieu prononcé par le tribunal de Digne en 2001.
La justice belge fait arrêter Robert Spatz et démarre une instruction pénale qui durera 18 ans et qui aboutira au procès qui vient de s’ouvrir. L’implication des victimes s’est accélérée à l’approche du procès. Le reportage de Devoir d’enquête diffusé le 16 décembre 2015 sur la Une belge, a fait réagir les victimes qui ne s’étaient pas fait connaître jusque là et ont décidé de témoigner et de porter plainte.


(Sources : Le Soir, 16.12.2015 & La Dernière Heure, 03.01.2015 &
RTBF.be, 04.01.2016 & Le Soir, 06.01.2016)

 

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Posté le 14 Janvier 2016

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Dernière modification le 17 mai 2018