Version imprimablePDF version

Des ex-Enfants de Dieu racontent

Après un mutisme de près de 25 ans, Danielle Fortin et Jerry Golland, deux canadiens ex-membres des Enfants de Dieu, ont souhaité révéler leurs expériences.


Fortin a rejoint les Enfants de Dieu au milieu des années soixante-dix. Dépendante à l’héroïne, elle cherchait un sens à donner à sa vie. En entrant dans le groupe, elle avait la sensation de faire ce qu’il fallait pour démarrer un vrai changement dans sa vie. On lui offrait l’opportunité de parcourir le monde. Elle allait bientôt découvrir comment l’organisation exploitait ses membres, et plus particulièrement, les femmes et les enfants.


À son apogée, le mouvement comptait des dizaines de milliers de membres. Il fut fondé en Californie en 1968 durant la période hippie, à l’époque de la libération sexuelle. David Berg, son fondateur, également connu sous le nom de Moïse David, avait d’ailleurs axé le mode de vie du groupe sur le sexe. Pour attirer les hommes dans le groupe, les membres féminins étaient contraints de s’adonner au « flirtyfishing », une forme de prostitution missionnaire quotidienne et orchestrée par un superviseur.


David Berg avait également décrété qu’une femme ne devait pas s’attacher à un partenaire, elle était tenue de « dormir » avec d’autres hommes que son conjoint. Les fondements chrétiens fondamentalistes du groupe interdisaient la contraception. Les femmes mettaient au monde des enfants dont elles ne connaissaient pas toujours le père. Ces enfants étaient « éduqués » à la sexualité dès leur plus jeune âge et pouvaient subir des violences physiques.


Tous ces hommes et ces femmes ont dû travailler comme des esclaves pour amasser des fonds et pratiquer le prosélytisme. Leur tâche principale était de solliciter des dons en distribuant des tracts. Les membres ne pouvaient pas rejoindre la communauté en fin de journée si le quota de distribution n’avait pas été respecté.


Golland a rencontré le groupe en 1971. Il venait d’être trahi et dépouillé par son meilleur ami quand il croisa le bus jaune à deux étages des Enfants de Dieu. Durant les vingt années qu’il passa au sein du mouvement, il a pu observer l’habileté des membres pour recruter les gens vulnérables. Ses performances en matière de récupération de dons étaient assez médiocres. Pour le punir, on lui a interdit de participer à son propre mariage.
Golland a eu le « déclic », le jour où on obligea son fils âgé de 12 ans à chanter sous la pluie jusqu’à minuit pour recueillir de l’argent alors que son « superviseur » était posté au chaud et au sec pour le surveiller. Il décide alors de quitter la secte et de retourner au Canada où il réussit à trouver du travail. Il a conscience d’être chanceux car, contrairement à d’autres ex-membres des Enfants de Dieu, il a échappé au suicide, à la drogue ou à la prison et bénéficie aujourd’hui d’une retraite convenable.


Il a fallu beaucoup de temps à Fortin pour prendre conscience qu’elle subissait un « lavage de cerveau ». Elle était au Canada quand elle réussit à s’en éloigner. Depuis, elle rencontre régulièrement d’anciens adeptes ; leurs conversations sont, pour eux, une forme de thérapie.
Les Enfants de Dieu existent encore aujourd'hui sous un autre nom, La Famille.


(Source : CBC News, 13.03.2016)


Posté le 11 Avril 2016

Copyright © 2006 UNADFI. Tous droits réservés. Les textes ou ouvrages mentionnés sont propriété de leurs auteurs respectifs.

Les mentions légales - Les conditions générales d'utilisation - Les conditions générales de vente

 

Association reconnue d'utilité publique, agréée par les Ministères de l'Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports, membre associé de l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF)

Dernière modification le 15 février 2018