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Commission Royale d’enquête sur les abus sexuels sur mineurs au sein des Témoins de Jéhovah

La Commission Royale d’enquête australienne a rendu public son rapport sur les réponses de la Watchtower aux sévices sexuels sur enfants, le 28 novembre 2016. Ayant reçu plus de 4000 témoignages, elle a examiné de façon plus approfondie les cas de deux victimes. Elle a également étudié les systèmes et procédures en vigueur pour répondre aux allégations d’abus sexuels et les outils de prévention existant au sein de l’organisation des Témoins de Jéhovah1.


« La Commission Royale conclut que les enfants ne sont pas suffisamment protégés des risques de pédophilie dans l’organisation des Témoins de Jéhovah et ne croit pas que l’organisation répond de manière adéquate aux allégations de pédophilie. »
 

Plusieurs points sont détaillés :
 

• Même dans le cas d’abus sexuels, le comité judiciaire doit se conformer à des principes datant de plus de 2000 ans pour juger de la culpabilité des agresseurs. Pour la Commission, la règle des deux témoins démontre un sérieux manque de compréhension de la nature même de l’abus sexuel : si l’agresseur ne se dénonce pas, le comité judiciaire doit entendre deux témoins de l’agression pour que la culpabilité soit démontrée. Jusqu’à une époque récente, la victime devait témoigner devant son agresseur, ce qui constituait un traumatisme énorme pour elle, en particulier si l’agresseur était un membre de sa famille. Ce ne serait plus systématiquement le cas.


• Les comités judiciaires ne sont constitués que d’hommes, car les femmes ne sont pas bibliquement aptes à occuper des postes à responsabilités. La Commission estime que les victimes devraient pouvoir être accompagnées et soutenues dans leurs démarches devant le comité judiciaire par la personne de leur choix.
 

• Les sanctions infligées par les comités judiciaires sont bien trop clémentes en regard des crimes commis. Si le comité judiciaire juge que l’agresseur a un repentir sincère, il peut continuer de vivre au sein de la communauté et d’avoir des contacts avec ses victimes, Sur les 1006 auteurs d’agression sexuelle recensés par les TJ en Australie depuis 1950, 579 auraient avoué leur crime, 401 ont été excommuniés, mais 230 ont été réintégrés. 28 auraient même eu une promotion au sein de l’organisation.
 

• Bien que les agresseurs soient connus de la direction du mouvement, rien ne montre qu’ils aient été dénoncés aux autorités judiciaires. La direction des TJ avance le respect du secret de la confession, mais pour la Commission Royale, les comités judiciaires ne peuvent être considérés comme des lieux de confession.
 

• Les mesures de précaution prises à l’encontre des agresseurs connus sont insuffisantes. Ils ne sont pas systématiquement excommuniés et certains continuent d’occuper une place importante au sein de l’Organisation. S’ils sont excommuniés ou mis en quarantaine, il ne leur est pas interdit d’approcher leur victime ou d’autres enfants. La Commission estime que cela rend les risques de récidive très importants.

 

• La pratique de l’excommunication aggrave la situation des victimes souvent confrontées à un véritable dilemme : continuer de vivre dans la même communauté que leur agresseur ou quitter le groupe au risque d’être rejetées par leur famille et  leurs amis Témoins de Jéhovah. 

Le rapport ne met pas un terme à l’étude du cas des TJ par la Commission, ils doivent à nouveau être entendus en mars 2017.


(Sources : The Sydney Morning Herald, 28.11.2016 & Royal Commission into Institutional Responses to Child Sexual Abuse, Report of case study n° 29, The response of the Jehovah’s Witnesses and Watchtower Bible and Tract Society of Australia Ltd to allegations of child sexual abuse, Sydney, Octobre 2016 )


Consulter le rapport : http://www.childabuseroyalcommission.gov.au/getattachment/c2d1f1f5-a1f2-4241-82fb-978d072734bd/Report-of-Case-Study-No-29
 

1- Lire sur le site, Témoins de Jéhovah : Commission royale d’Australie : http://www.unadfi.org/groupe-et-mouvance/temoins-de-jehovah-commission-royale-d-australie1


Posté le 12 Décembre 2016

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Dernière modification le 22 février 2018