Version imprimablePDF version

Etats-Unis / Une entreprise de développement personnel controversé

Landmark est intervenu dans un département des services de santé de l'Alberta (AHS) pendant plus d'un an, en dépit de plusieurs plaintes graves de salariés.

A la suite d’un séminaire qui s’est déroulé en novembre 2011 à raison de 13 heures par jour, pendant trois jours, sans qu’aucun des participants ne puissent sortir de la salle, des salariés se sont plaints auprès des responsables des ressources humaines. Les plaignants ont décrit ce stage comme une expérience psychologiquement éprouvante. Un plaignant a témoigné d’une séance d'hypnose ayant duré environ 20 minutes où on leur a dit qu’ils étaient tous fous et que le monde était en colère contre eux. Certains se sont mis à crier. Les participants étaient incités à suivre 10 sessions supplémentaires et à recruter du monde parmi famille et amis.
L’obligation de suivre ces cours « pourrait être considérée comme une forme de harcèlement et une violation de la vie privée» des salariés. Le conseiller en ressources humaines a recommandé de faire une enquête approfondie sur les motifs des plaintes ; mais au lieu de mener des enquêtes, AHS a facilité les actions de Landmark dans ce service.

Or, Landmark Education est une entreprise controversée de formation en développement personnel. Elle est connue pour employer des méthodes de persuasion coercitives. Steve Kent, professeur de sociologie à l’Université de l'Alberta, est expert dans l’étude des groupes idéologiques et religieux déviants, reconnu internationalement. Il estime que « quelqu'un aurait dû agir, car il est très clair qu'il ya des risques inhérents à ce type de programme ». Il précise que les faits reprochés à Landmark sont bien connus, « les gens peuvent les trouver facilement sur internet ». Beaucoup de gens diront qu’ils ont tiré profit de cette formation, qu’elle ne leur a pas nui ; mais ce sont des autres, ceux qui ont été affectés, ceux qui se sont vraiment sentis violentés, que les responsables doivent se préoccuper.
Landmark prône l’auto-amélioration par la conscience de soi. Les anciennes valeurs, qui bloquent la personne, sont remplacées par un nouvel ensemble de valeurs. Steve Kent explique que cette transformation implique de se livrer, de dévoiler ses secrets les plus intimes en présence des collègues de bureau. Certains peuvent craindre d’être mis à l’écart s’ils n’adhèrent pas.

L’objectif des dirigeants est d’obtenir que le plus grand nombre d’entreprises possible adoptent leur idéologie et leurs techniques. Ceux qui se hasardent à la moindre critique sont mis à la porte. La directrice des relations publiques de Landmark s’enorgueillit de compter parmi ses entreprises de grandes enseignes comme Reebok, Mercedes-Benz USA et même la marine américaine. Elle affirme que la formation rend les gens plus efficaces dans la vie.

Le représentant de Landmark  avait travaillé à AHS avant de devenir manager chez Landmark. Il a finalement obtenu que l’entreprise paie un séminaire Landmark pour ces salariés comme de la « formation professionnelle ». Comme d’autres avant eux, les services de Santé de l’Alberta ont bénéficié de séances d’initiation gratuites avant de débourser près de 650 $ pour chacun des 50 salariés.

Le président du syndicat qui représente des salariés de AHS, et un député estiment qu’il devrait y avoir une enquête pour savoir si Landmark est toujours en activité non seulement à AHS mais dans toute la province d’Alberta.


 (Source : CBC News, Charles Rusnell et Jennier Russel, 15.10.2014)


Posté le 20 Octobre 2014

Copyright © 2006 UNADFI. Tous droits réservés. Les textes ou ouvrages mentionnés sont propriété de leurs auteurs respectifs.

Les mentions légales - Les conditions générales d'utilisation - Les conditions générales de vente

 

Association reconnue d'utilité publique, agréée par les Ministères de l'Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports, membre associé de l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF)

Dernière modification le 15 novembre 2017