Les officines pro-sectaires ont inventé la notion de « syndrome de l’apostat » depuis de nombreuses années. Tout d’abord pour faire accroire que l’adhésion sectaire correspondrait à une adhésion religieuse, le terme d’apostat évoquant par définition la rupture opérée par un croyant d’avec la religion à laquelle il a adhéré, ainsi que le rejet critique qui accompagne le plus souvent cette rupture. Le choix du terme n’est donc pas anodin : il renvoie automatiquement à la croyance, fausse bien entendu, selon laquelle le groupe sectaire ne serait rien d’autre qu’une religion. Le terme de syndrome renvoie quant à lui à ce que serait la conduite pathologique de celui qui a abandonné son ancien mode de vie représenté comme une norme dont il n’aurait jamais dû dévier et envers laquelle chacun d’entre nous devrait observer, a minima, une neutralité tolérante. Dès lors, selon les pro-sectaires, les anciens adeptes de sectes auraient des façons particulières de se comporter et de penser, attentatoires à une liberté qui serait religieuse, et consistant à porter sans fondement des accusations à l’encontre de la secte qu’ils ont quittée et à l’égard des adeptes. Ce qualificatif d’apostat tend à ramener l’ancien adepte au rang du transfuge qui serait privé de toute autonomie de réflexion et qui devrait être dépourvu de tout esprit critique. Pire, à les en croire, le transfuge aurait quitté le groupe d’adhésion parce qu’il n’aurait pas été capable d’assimiler le contenu doctrinal et, dès lors, lui est dénié toute aptitude à porter un jugement critique sensé sur la doctrine et les pratiques de la secte. (...)


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