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Aider les victimes sans leur voler leur autonomie

Comment aider un proche à sortir d'un mouvement sectaire

Pour la présidente de l’UNADFI, Catherine Picard, « les adeptes désireux de s’affranchir d’un mouvement sectaire nécessitent un soutien tout particulier du monde associatif » qui joue alors un rôle d’interface avec la société et les assiste pour retrouver un logement et récupérer leurs droits, tout en les aiguillant vers des psychologues capables de les soutenir. Mais « il s’agit de les aider, sans leur voler leur autonomie ».


Lorsque qu’un adepte quitte un mouvement sectaire



Le soutien des proches se révèle d’une importance capitale et tout discours critique vis-à-vis de la secte ou du gourou s’avère contre-productif.

Les spécialistes s’entendent pour recommander de « témoigner le plus d’amour possible à l’ancien adepte », lui répétant : « sache que nous t’aimons quoi que tu fasses ». Cette phrase est tout, sauf anodine, et elle « se révèle souvent décisive dans la reconstruction des victimes ». Car au sein des sectes, les adeptes sont « privés de tout amour inconditionnel » puisque les gourous « conditionnent leur affection au fait qu’on se plie à leurs injonctions ! »

Les efforts de la famille ne paient pas toujours, cependant, et certains adeptes ne retrouvent pas « une vie normale », ralliant d’autres mouvements sectaires. Mais la majorité remonte la pente et quelques-uns, « particulièrement déterminés » portent plainte devant les tribunaux. C’est souvent une manière de se détacher définitivement du groupe sectaire, observe Me Rodolphe Bosselut, avocat spécialisé dans le contentieux des sectes.

 

Quitter une secte reste une étape éprouvante



Libérés de l’emprise de leur gourou, Thierry Tilly, il y a un mois, les « ex-reclus de Monflanquin tardent à reprendre une vie normale ». « L’exfiltration » utilisée pour les sortir de leur emprise est aujourd’hui « rarissime ». L’affaire de Monflanquin reste donc une exception.

Sonya Jougla, psychologue-clinicienne spécialisée dans l’aide aux victimes de secte depuis 35 ans, trouve cette méthode inappropriée « car elle risque, en usant de violence, de renforcer l’adhésion à l’organisation ». Il lui arrive pourtant de participer parfois à des « cellules mobiles » destinées à des adeptes « exfiltrés ».

La règle d’or, dans ces circonstances, reste de n’émettre aucune critique sur le gourou risquant de braquer l’ancien adepte...

 

Améliorer le dispositif d’assistance



Georges Fenech annonce que la sortie de secte sera « un chantier prioritaire » pour la MIVILUDES car « aujourd’hui, les gens qui quittent une secte ne sont pas assez aidés ». « Ils ne savent pas vraiment vers qui s’orienter ».

Le président envisage de demander aux préfets, qui sont aidés par un correspondant « dérives sectaires », comment mieux répondre aux demandes de sortants de sectes désocialisés, sans couverture médicale, sans logement »…

La Croix, Marie Boëton et Marilyne Chaimont, 10.01.2010

Posté le 11 Février 2010

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Dernière modification le 15 novembre 2017